
Le temps passe : la dernière fois que Bob est allé dans un salon vidéoludique, c’était en 20101, quand Bobby était encore au chaud dans le ventre de sa mère ! A l’époque, j’étais allé au Micromania Games Show2, salon organisé depuis 2002 par la plus plus grande chaîne de distribution de jeux vidéo en France. L’année 2010 était particulière cependant : le MGS prenait la suite – dans la même salle et avec les même stands – d’un tout nouveau salon organisé par le SELL3, Syndicat des Éditeurs de Logiciels de Loisirs (en gros une structure montée par les sociétés qui travaillent dans le jeu vidéo en France et chargé de défendre les intérêts et l’image de l’industrie auprès du grand public et de L’État) : la Paris Games Week, venue remplacer un salon arrivé en bout de course, le Festival des Jeux Vidéo4. Mais la ville de Paris est trop petite pour deux salons de jeux vidéo, et comme Bob l’avait pressenti dans son article de l’époque, l’année 2010 devait être la dernière du Micromania Games Show (qui survivra jusqu’en 2015 sous forme d’une soirée événementielle), et le début de l’aventure de la Paris Games Week5. Le hasard est parfois facétieux : j’étais de la partie en 2010 pour la première édition de la PGW, et j’ai décidé d’y retourner en 2025 (avec Bobby et Bobette qui ne tiennent plus dans le ventre de leur mère depuis un certain temps…), année choisie par le SELL pour « réinventer » un salon6 qui a un peu de mal a se remettre de la pandémie mondiale. Ce nouveau départ nous a-t-il offert une expérience inoubliable ? Suite au prochain épisode ! (Enfin au paragraphe suivant, mais ça sonnait moins bien !).
La proposition de la Paris Games Week 2025
Reconnaissons en premier lieu que le prix de base est resté raisonnable : 29€ pour un adulte, 20€ pour un ado, gratuit pour les gnomes. Des billets premium étaient proposés pour les plus acharnés à près de 100€, mais ils garantissaient l’accès prioritaire aux événements proposés en parallèle du salon proprement dit, qui a pris place sur deux halls du parc des expositions de Paris, tandis que le Dôme de Paris accueillait lesdits événements : finale des concours du salon, concerts… Sur le principe pourquoi pas : si le concert Clair Obscur : Expedition 33 se justifie complétement s’agissant de la bande original du succès vidéoludique français de l’année7, les interventions répétées – et probablement chèrement facturées – de Bigflo ou d’autres youtubeurs me laissent plus circonspects… Mais bon : l’idée était d’étendre un peu le salon aux domaines limitrophes.
Car la Paris Games Week se veut évènement culturel et non pas vulgaire réunions de geeks, nerdz et autres otakus ! Être référencé comme évènement culturel parisien8 ou évoqué par la télévision d’État9, ça se mérite ! Trêve de mauvais esprit, il faut reconnaître que la Paris Games Week donne un peu de visibilité à notre média. Ou serait-ce le contraire ? Devenue depuis plusieurs années première industrie de divertissement mondiale10, la production vidéoludique offre probablement plus de visibilité aux médias sus-nommés qu’elle n’en reçoit. Mais ceci est une autre histoire !
Quoiqu’il en soit, le salon est généreux dans sa proposition : jeu vidéo, cosplay, jeux de rôle, japoniaiseries, e-sport, concerts, … tout un panel de propositions porté par 203 exposants11 avec un programme bien rempli (ici en français12 et là en anglais13), le tout divisé en 11 espaces. La formule du succès ?
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Bob est plutôt mitigé sur la réponse : si se balader dans la Paris Games Week toute la journée avec Bobby et Bobette était vraiment sympa, le ludophile que je suis est resté sur sa faim. Et à cela une cause évidente et unique : le manque d’éditeurs présents, de (vraies) nouveautés et d’annonces. Et les quelques stands très animés comme celui d’EVA14, de Namco Bandai ou encore de la Fnac n’auront pas suffit à mon sens à dissiper le sentiment de parcourir une convention de geeks plus qu’un salon vidéoludique professionnel. Impossible dans ces conditions de ne pas ressentir un diffus sentiment de gâchis, car il me semble que ce qui faisait défaut à la PGW 2025 n’est pas le budget, mais la vision.

Attention cependant : la sortie était tout de même agréable, mais il me semble légitime de s’interroger sur le devenir du salon alors que sa fréquentation est en baisse; pour le SELL, la nouvelle orientation du salon est un pari sur le long terme15 : j’espère honnêtement que ce pari sera gagnant, car l’industrie vidéoludique française a besoin d’un salon reconnu internationalement. C’était justement l’objectif du pavillon Games France16 qui, sur 600m², mettait en avant la production française dans le domaine; il est cependant regrettable que les organisateurs n’ont pas réussi à attirer de grands noms du secteur. Si il demeure important de réserver une place pour les artisans français, l’absence de Sony, Rockstar ou encore Electronic Arts dans un salon vidéoludique qui se prétend de classe mondiale, ça perturbe… Mais assez parlé politique : concrètement la Paris Games Week 2025, ça donnait quoi ?
Paris Games Week 2025 : l’expérience de Bob
Si vous voulez parcourir la Paris Games Week, prévoyez de bonnes chaussures, un sac pour les goodies que vous récupérerez en chemin et une bonne bouteille d’eau, car Bob a encore mal aux fesses après avoir payé 19€ pour quatre bouteilles de 50 cl… Mais il s’agit là du lot de tout salon ! Ma visite s’est déroulée le jeudi, premier jour du salon, journée que j’ai supposé moins fréquentée que le week-end (je me suis peut-être trompé car j’ai reçu dès le samedi un courriel de l’organisation me proposant des billets à prix cassé pour le dimanche, signe que la fréquentation n’était pas au niveau escompté). Dans les faits, le salon étant organisé sur une grande surface, la circulation entre les stands ne posait pas de problème.
Et pour tester les jeux présents ? Inévitablement, un peu d’attente, mais sans excès : entre 30 minutes et 1 heure en moyenne, pour des sessions de jeu de 10-15 minutes, cela reste raisonnable. Si vous le pouvez, arrivez tôt et surtout repartez tard : beaucoup de gamins rentrent avec leurs parents ou leur groupe sur le coup de 18h00 et j’ai donc essayé plus de jeu entre 18h00 et 21h00 qu’entre 10h00 et 18h00 ! L’accès aux scènes sur lesquelles des youtubeurs inconnus du vieux Bob (mais connus de ses enfants !) s’avérait plus compliqué en raison notamment de la distribution de goodies (sans réel intérêt : un intervenant du stand Fnac en plaisantait même rappelant qu’il distribuait des tote-bags publicitaires…). L’animation sur le stand Mario Kart ayant été à mon sens la plus prisée (visiblement le duo de youtubeurs avait une grosse fanbase d’adolescents).
Des animations étaient proposées toute la journée, qui allaient du mur d’escalade a une session live sur Taiko no Tatsujin en passant par du jeu de baston dans un octogone (pour faire comme au MMA je suppose…). Quelques efforts pour les décors également : mention spéciale à Capcom pour ses propositions autour d’Onimusha et Resident Evil : Requiem. Capcom qui était, avec UbiSoft et Bandai Namco un des seuls éditeurs tiers de poids ayant pris la peine de monter un stand à la PGW 2025. Un peu dommage. Et du côté des constructeurs ? Seul Nintendo proposait un vrai stand, très animé, actualité Switch 2 oblige. Microsoft a tenté le stand hybride console/PC autour de la marque Xbox et de la ROG XBOX ALLY X; l’américain semble un peu perdu dans ses projets actuellement, et le stand s’en ressentait : Ninja Gaiden 4 était ainsi jouable indifféremment sur XBox ou PC pour mettre en avant l’écosystème XBox, alors qu’il s’agit d’un jeu assez moyen qui n’est pas une exclusivité Microsoft. Va comprendre…
C’est toujours mieux que Sony qui brillait par son absence ! Il y a avait des jeux PlayStation certes, mais portés par des tiers, à l’image de Ghost of Yôtei dépendant du stand de la Fnac ! Quid des jeux ? La communication annonçait 200 productions jouables, mais il n’y avait aucune exclusivité dans le lot; j’ai joué à Dragon Ball: Sparking! Zero, Donkey Kong Bananza, Mario Kart 9 (et me suis pris une branlée aux qualifications du tournoi, comme en 2010 du reste, preuve que certaines choses ne changent pas !), Resident Evil Requiem ou encore Metroid Prime 4 Beyond : que des jeux déjà annoncés et étudiés sous toutes les coutures dans la presse, déjà disponibles ou dont la sortie est imminente. Attention : je me suis amusé, mais je n’ai rien découvert lors du salon. J’ai tout au plus été rassuré sur les possibilités techniques de la Switch 2 avec RE : Requiem et sur la viabilité du joy-con souris pour un FPS.
J’ai fait l’impasse sur Anno 117 : Pax Romana, Onimusha et Ghost of Yôtei pour ne pas passer ma journée à faire la queue, mais il s’agit là également de jeux dont la sortie est imminente, quand les démos ne sont pas déjà en ligne. J’aurai au final passé presque plus de temps sur les bornes d’arcade de l’association Art’cade17 que sur les nouveautés. D’ailleurs la présence de cette association ainsi que de R3D218 qui promeuvent l’utilisation de Recalbox – et donc, fi de toute langue de bois !, celle de ROMs illégalement acquises – m’a assez surpris. Loin de moi l’idée faire mon hypocrite (si je connais Recalbox, c’est que je l’utilise), mais une telle promotion sur un salon professionnel m’a surpris. Bref.
Au final, la proposition de la Paris Games Week 2025 d’élargir le spectre de ses propositions aura fonctionné pour moi : j’ai apprécié de me balader dans le village cosplay, sur le stand rétro de MO5.com, de voir Marcus et Gia19 sur le site… Le « geek market » du hall 2 m’aura moins intéressé et me semblait un peu hors-sujet, avec des relents de contrefaçons et viols de propriétés intellectuelles comme le dénonce le Raton-Laveur au sujet de la Japan Expo20 depuis des années… Comme pour Recalbox, je suis surpris de la légèreté des organisateurs à ce sujet. Mais bon, je suppose que tant que l’exposant paie son emplacement…
Pour conclure, et malgré les regrets exprimés plus haut, la Paris Games Week 2025 fut une journée agréable pour Bob et ses gnomes. J’y retournerai sûrement, en espérant que le salon prendra de l’ampleur et atteindra ses objectifs, car je suis malgré tout, ludiquement parlant, resté sur ma faim !
Bob Dupneu
- https://www.bobdupneu.fr/2010/11/03/micromania-games-show-2010/
- https://www.biohazardfrance.net/dossiers/MICROMANIA_2007/
- https://www.sell.fr/
- https://www.gamekult.com/actualite/france-un-3eme-salon-seme-le-trouble-83416.html
- https://www.parisgamesweek.com/fr
- https://www.sell.fr/news/la-paris-games-week-se-reinvente-en-2025-nouvelle-equipe-nouveau-positionnement
- https://www.lepoint.fr/pop-culture/clair-obscur-expedition-33-le-phenomene-francais-qui-chamboule-l-industrie-mondiale-du-jeu-video-03-11-2025-2602324_2920.php?utm_source=firefox-newtab-fr-fr
- https://www.sortiraparis.com/loisirs/gaming/articles/54523-paris-games-week-2025-programme-nouvelle-edition
- https://www.francetelevisions.fr/et-vous/avantages-fidelite/communaute-fans-de-culture/paris-games-week-2025-47930
- https://fr.statista.com/infographie/22382/chiffre-affaires-mondial-industrie-du-divertissement-jeux-video-cinema-musique-enregistree/
- https://www.bobdupneu.fr/wp-content/uploads/2025/11/Les-exposants-Paris-Games-Week.pdf
- https://www.bobdupneu.fr/wp-content/uploads/2025/11/Programme-Paris-Games-Week.pdf
- https://www.bobdupneu.fr/wp-content/uploads/2025/11/Schedule-Paris-Games-Week-English.pdf
- https://www.forbes.fr/business/la-start-up-eva-leve-5-millions-deuros-pour-faire-de-lesport-vr-la-discipline-sportive-de-demain/
- https://www.bfmtv.com/tech/gaming/paris-games-week-le-plus-grand-salon-du-jeu-video-en-france-totalise-161-000-visiteurs-pour-son-edition-2025-une-frequentation-en-nette-baisse-par-rapport-a-l-an-dernier_AD-202511030747.html
- https://www.parisgamesweek.com/fr/news/pavillon-game-france
- https://www.artcade.fr/
- https://www.facebook.com/p/Association-R3D2-100089167059714/
- https://www.youtube.com/watch?v=pDritYTCqRE (GIA)
- https://www.raton-laveur.net/






Par ailleurs

Si vous vous intéressez un peu aux mangas, vous connaissez probablement SPY x FAMILY, une série en vogue actuellement, notamment au Japon. La saison 3 bénéficie depuis début Octobre d’un nouvel opening du groupe Spitz, très populaire au pays du Soleil levant; la chanson s’appelle « hi wo mamoru », traduit à l’international par « Protect the Light ». Pourquoi Bob vous parle-t-il de tout ça ? Tout simplement car un petit Pac-Man mettant en scène les membres du groupe est proposé dans le cadre de la promotion de ce titre ! Ce n’est pas le meilleur Pac-Man auquel j’ai joué, mais la chanson est sympa et il y a un classement mondial auquel j’ai fait 37ème au premier essai. Ferez-vous mieux ?
La page de présentation de la chanson : https://spitz-web.com/hiwomamoru/
Le jeu : https://play.umusic.com/spitz



















