Le top des jeux Atari 2600

Lors de ma précédente revue de presse rétrogaming, j’ai parcouru le numéro de Tilt – pionnier légendaire de la presse vidéoludique en France – d’avril 1985. Dans ce numéro une page « nostalgie » était consacrée à l’Atari 2600 (dite également Atari VCS), la star des salons de la fin des années 70 et du début des années 80, également symbole malgré elle de la grande crise du secteur en 1983. Première console adoptée en masse par le grand public, l’Atari 2600 est sans conteste la meilleure représentante de la deuxième génération de consoles… à laquelle Bob n’a jamais vraiment joué : mon aventure ludophile commencera avec la génération suivante (celle de la NES) et, même si j’ai fini par me procurer la 2600 sur un vide-grenier, je n’ai jamais vraiment accroché à ses jeux, qui semblent bien rudimentaires aujourd’hui. La sélection d’un joueur – averti qui plus est – m’a donc semblée être un sujet intéressant à regarder de plus près. Entendons-nous bien : loin de moi l’idée de dresser l’historique complet des 14 jeux de la sélection, et encore moins de les terminer l’un après l’autre ! Simplement, il m’a paru intéressant d’essayer ces jeux et de comparer les commentaires de l’époque avec mon ressenti de ludophile assez âgé, certes, mais pas assez pour cette époque !

Cet article a une fois de plus été rendu possible grâce à abandonware-magazine (https://www.abandonware-magazines.org/index.php); le lien ci-après vous permet de télécharger l’article de Tilt (en français uniquement).

Les 14 élus !

TITREJAQUETTESCREENSHOTAVIS TILTAVIS BOB
AstérixOn ne le présente plus, il a servi de support au grand concours Atari 1984.Il s’agit du jeu Taz reskinné en Astérix; un jeu de réflexes qui a la profondeur de gameplay d’un game and watch…
BeamriderLes combats spaciaux les plus aboutis pour la 2600.Étonnament pas mal ! Le jeu a un effet de perspective qui me fait penser à Axelay sur SNES.
Crystal CastlesL’ours mangeur de diamants ne se laisse impressionner ni par les chenilles, ni par les abeilles, ni même par la terrifiante sorcière Mathilda pour effectuer sa « récolte » à travers huit tableaux.Franchement, je n’ai pas accroché; ce type de jeu vieillit très rapidement.
DecathlonPour vivre les dix épreuves du décathlon grâce à un superbe graphisme et à une simulation parfaite.Sorti la même année que le mythique Track & Field de Konami, Decathlon n’a rien a lui envier; les graphismes sont bons; le jeu tuera votre manette T_T
EnduroCe rallye automobile possède un très haut niveau de simulation, même si le graphisme reste moyen. Les épreuves de nuit succèdent aux spéciales sur neige, quand le brouillard n’est pas de la partie. Bruitages très réalistes.Les graphismes ne se sont pas améliorés, et la notion de niveau de simulation a quelque peu évoluée. Enduro est difficilement appréciable aujourd’hui.
Frogger IIL’infortunée grenouille risque encore sa vie pour retourner chez elle, en franchissant d’autres routes et d’autres rivières.Comparé au premier Frogger sur 2600, le bond graphique est spectaculaire; sur le fond, Frogger demeure un bon jeu, cette version est agréable de par sa réalisation.
H.E.R.O.Sauvez des vies humaines en pilotant votre mini-hélicoptère au centimètre près.Pas si mal et assez coloré.
Pitfall IILe valeureux Harry Pitfall chasse les trésors dans un dédale de grottes. Araignées, scorpions, échelles pourries, précipices, rien ne l’arrête. Graphisme et bruitage de très grande qualité et un nombre invraisemblable de salles.Même si l’expérience a vieillie, il est facile d’imaginer l’enthousiasme des joueurs à l’époque, car Pitfall II est clairement un jeu ambitieux. Mais 40 années se sont écoulées.
Pole PositionLa reine des épreuves sur circuit. Excellent graphisme, pilotage très réaliste.Une bonne sensation de vitesse et d’inertie dans les virages. Pas si mal pour un quadra…
PopeyeOlive appelle au secours et Brutus sur prend pour un roi de la gâchette : notre héros n’est pas loin d’être débordé ! Graphisme et bruitage de tout premier ordre.Je ne partage pas vraiment l’enthousiasme de Tilt. Popeye était déjà dépassé lors de sa sortie en 1983. Alors en 2025, c’est difficilement appréciable.
Q*BertSautez de cube en cube pour transformer leur couleur. Mais attention aux trouble-fête. Un jeu quasiment inusable.Là, je suis d’accord : Q*Bert est inusable et appréciable sur toutes les machines, car son concept est génial. Un classique le demeure…
River RaidMission suicide pour pilote de chasse, où l’attaque en rase-mottes est indispensable pour atteindre les objectifs.Bien que techniquement faible, River Raid reste agréable pour deux raisons : premièrement, il est fluide. Ensuite, il respecte le principe fondamental de tout bon shoot’em up : l’habileté dans l’esquive est aussi importante que la précision des tirs.
Super CobraAux commandes d’un hélicoptère, cous entrez à l’intérieur de la base ennemie. Le simple pilotage est ardu. Et, bien entendu, on vous tire dessus…Mouais, bof. Le scrolling manque de fluidité, et le système d’attaque (tir droit à la mitrailleuse et en cloche basse à la grenade) n’est pas des plus plaisants…
TennisSi le graphisme est relativement succinct, le plaisir de jouer, quant à lui, est entier. Ce tennis permet toutes les subtilités du jeu.Le jeu est fluide, rapide, lisible (notamment grâce à l’ombre de la balle). C’est surprenant, mais sa réalisation préhistorique n’entame pas le plaisir de jouer !

Conclusion ?

Ma petite expérience mérite-t-elle une conclusion ? Pas vraiment, mais quelques observations tout de même, car la démarche était intéressante. Je connais assez mal les deux premières générations de consoles, car je n’ai pas vécu les années concernées. Les consoles et les grands jeux de cette période me sont connus car je m’intéresse à l’histoire de notre microcosme, mais je n’ai ni souvenir de joueur, ni sensations les concernant. Cela peut paraître stupide, mais j’ai été surpris de la qualité de plusieurs des jeux de la sélection, notamment d’un point de vue technique, moi qui pensais que l’Atari 2600 ne pouvait produire que des pixels monochromes rectangulaires. Il faut bien avouer que plusieurs de jeux les plus importants d’un point de vue historique (Pac-Man, Adventure ou encore E.T.) correspondent à ce préjugé. Mais, avec 15 ans d’existence (1977-1992), l’Atari 2600 s’est petit à petit laissée dominer par les développeurs, annonçant en cela les cycles classiques des machines à venir… En effet, il suffit de comparer les jeux proposés en début et fin de vie des consoles pour comprendre (ou se rappeler) qu’avec le passage des années, les développeurs maîtrisent mieux le hardware et disposent d’outils plus avancés. Et le constat est également vrai en ce qui concerne les jaquettes, dont les moins anciennes sont plus modernes que ce que j’imaginais pour l’Atari 2600. EN bref, une petite leçon pour le père Bob !

Pour finir, une petite vidéo montrant les lauréats en action. Et oui, j’ai vu que la vidéo illustrant Astérix est celle de Taz, la version d’origine. Mais je l’ai vu après avoir monté la vidéo, créé la page Youtube et effacé les fichiers du montage. Alors ça restera comme ça !

Bob DUPNEU

Combat (Atari 2600 – 1977)Solaris (Atari 2600 – 1986)
Baseball (NES – 1983)Batman Return of the Joker (NES – 1993)
Altered Beast (Megadrive – 1988)Comix Zone (Megadrive – 1995)

Par ailleurs

Aujourd’hui le jeu vidéo est un média mainstream, auquel tout le monde s’adonne; à part quelques politiques has-been, personne ne remet en cause l’importance économique et culturelle de ce média; mais dans ses jeunes années, notre loisir a été la cible de toutes les critiques et n’était pas vraiment le truc cool et à la mode : il s’agissait d’un loisir débilitant pour enfants ou adultes attardés. La situation a bien changé aujourd’hui, et c’est tant mieux. Tout ça pour vous parler des boîtes de Pringles aux couleurs de Super Mario que vous avez pu croiser au supermarché dernièrement. Il s’agit d’une campagne marketing sans plus d’importance que cela, mais vous n’imaginez pas la joie de Bob dès qu’il voit le microcosme vidéoludique envahir le monde. Traumatisme de ludophile mis à l’index toute sa jeunesse, seuls les vieux peuvent comprendre…

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