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Donkey Kong Country Returns

Lors de ma visite au dernier Micromania Games Show, l’un des jeux qui m’a le plus marqué est Donkey Kong Country Returns, le reboot d’un des plus grands jeux de tous les temps (rien que ça!). Bon, c’est vrai que le bougre bénéficiait d’un très bon préjugé, tant son annonce surprise à l’E3 2010 m’avait mis en émoi…

Pour rappel Donkey Kong Country est une licence née sur Super Nintendo que l’on doit aux petits génies de Rareware (enfin, génies… à l’époque! Depuis que la société a été rachetée par Microsoft, elle n’est plus capable de sortir un jeu potable… Les gars de Billou doivent s’en mordre les doigts!). A l’époque, le retour du primate le plus cool du monde vidéoludique avait surpris grâce à une réalisation hors du commun à base de graphismes pré calculés sur stations Silicon Graphics et une ambiance magique, notamment grâce à ses musiques qui resteront gravées à jamais dans mon esprit (et je ne suis pas le seul) !

Les deux suites furent du même niveau, ce qui ne fut malheureusement pas le cas de l’épisode 3D sorti N64. Et depuis, plus rien si ce n’est de nombreux remakes, sur portables notamment. Le gorille faisait bien l’objet de quelques jeux plus ou moins réussis, mais on était quand même loin du mythique DKC! Alors lorsque les gars de Retro Studio (à qui l’on doit le passage de la série Metroid à la 3D) ont annoncé l’arrivée imminente de DKC Returns, les vieux gamers comme moi se sont pris à rêver, malgré la peur toute légitime de se trouver devant un jeu un brin opportuniste et décevant en comparaison de l’original. Eh bien après avoir passé un certain temps à arpenter les jungles en 2,5D de ce nouveau Donkey Kong, je peux vous assurer que « c’est de la bombe bébé! ».

Les images utilisée pour illustrer mon propos ont été empruntées à ces adresses :

http://www.jeuxvideo.com/screenshots/images/00037/00037388_075.htm

http://www.nintendo.com/games/detail/eg4kKvQUjm_NuRUr5LgHM3eoAsFwzOU1

Fabuleuse futaie

Je passerai sur le scénario, insignifiant (Donkey étant un peu lent à la détente, il s’est encore débrouillé pour se faire taxer sa réserve de bananes, par quelques masques vaudous qui ont envoûté les animaux, sauf Donkey et son poteau Diddy, probablement parce que ceux qui n’ont pas de cerveau ne peuvent pas se faire hypnotiser…), pour recentrer mon propos sur ce qui, à mon sens, est la marque de fabrique des Donkey Kong Country, la qualité artistique de l’ensemble. Et force est de constater qu’une fois encore le primate fait fort : les graphismes sont fins, avec des couleurs biens choisies et une foule de détails, les décors sont variés, les ennemis s’intègrent bien à l’ensemble et – surtout? – les musiques originales ont pour une grande partie été conservées et remixées, quelques nouveaux morceaux sympathiques venant se greffer à l’ensemble.  D’emblée, le jeu impose son style et replonge le joueur 16 ans en arrière (déjà!), sans oublier d’entraîner dans son univers les jeunots.  J’avais été déçu, très, de ne pas retrouver dans Metroid Other M les grands morceaux de la série, aussi c’est avec délectation que je me promène dans le Sound Test qui s’agrémente de nouveaux morceaux au gré des bonus récupérés!

Le gameplay est lui aussi fidèle à l’original, et on retrouve le rythme soutenu caractéristique de la série et qui pousse le joueur à toujours flirter avec les limites physiques du jeu. Les développeurs ont bien compris que cet aspect rapide, entraînant du gameplay est un élément essentiel de la série, puisqu’un mode Time Attack est proposé pour chaque niveau, bonus à la clé. Parfaite, la maniabilité n’est jamais prise en défaut, et le joueur ne doit souvent son échec qu’à son impatience et sa témérité!

Polyvalent primate

En dehors de la plate-forme pure et dure, DKC Returns propose quelques activités annexes, dont certaines nouvelles : courses en chariot de la mine, poursuites à dos de tonneau-fusée, balade à dos de baleine ou de rhinocéros, singe-canon en tonneau explosif… pour des niveaux qui mettront les réflexes du joueur à rude épreuve. Les réflexes ne suffiront d’ailleurs pas, tant le jeu se base sur une progression par l’échec (le fameux Die and Retry des anglophiles), échecs qui permettront souvent de découvrir un passage secret ou une salle bonus. Car comme tout Donkey Kong Country qui se respecte, le jeu propose de nombreux challenge secondaires, et récupérer les pièces de puzzle et autres lettres KONG disséminées dans les niveaux ne sera pas une mince affaire, même pour un vieux de la vieille, tant la difficulté renoue avec ce qu’il était courant de trouver au milieu des années 90!

En dehors des niveaux secrets et miroirs, la collecte des bonus permettra au joueur de débloquer des musiques et artworks, la visualisation de ces derniers étant malheureusement malaisée et mal pensée. On retrouvera également Cranky Kong, sa verve et ses aides de jeux, et quelques nouvelles idées de gameplay bien pensées permettront de fignoler un tableau déjà bien rempli (notamment les parois recouvertes d’herbe que le singe peut escalader et les jeux de perspectives dans le décor) !

Le bestiaire est sympathique, souvent drôle, et les boss variés et relativement relevés. Les ambiances classiques de DKC répondent à l’appel : jungle, bateaux de pirates, mine, cime des arbres avec lianes… Même en l’absence de tout Kremling, on se sent en terrain connu!

Savant mélange de vieux et de neuf, Donkey Kong Country Returns relance avec brio une série que les plus jeunes ne doivent plus connaître, et s’adresse à tous les joueurs, avec son ambiance funky et détendue, ses couleurs chatoyantes, ses musiques envoutantes et sa maniabilité hyper calibrée; dans ces conditions, écraser trois poulets sur échasses avant de tabasser un crabe affublé d’un bicorne de pirate et équipé d’un crochet de fer à la place des pinces est plus d’un gros délire, c’est une véritable délectation! Donkey Kong Country Returns se parcoure comme à la grande époque de la Super Nintendo : un sourire béant au lèvres et un régime de bananes sur les genoux!

Bob Dupneu