Sumioni, le jeu qui me fera (peut-être) acheter la Vita

L’évolution technologique de nos consoles ne sert pas seulement à afficher le sang et les explosions de façon toujours plus marquante : la course au photo réalisme est parfois suspendue pour laisser une petite place à la poésie et à la créativité. Lorsque c’est le cas, cela donne naissance à de petites merveilles comme Okami ou Oboro Muramasa, qui ont en commun un graphisme magnifique inspiré des estampes japonaises et des ventes catastrophiquement décevantes!

Il faut en effet croire que la prise de risque dans le domaine visuel est très rarement couronnée de succès dans la sphère vidéoludique : des jeux comme Mad World viennent le rappeler à intervalles réguliers. Malgré tout, la passion aidant, certains développeurs continuent à nous proposer des jeux à l’esthétique raffinée. Ainsi, le japonais Acquire (connu pour ses séries Tenchu et Way of the Samurai) s’est-il piqué de développer un jeu inspiré des peintures sumi-e (variante japonaise de ce que nous appelons lavis dans la langue de Molière) : Sumioni (littéralement : le démon de l’encre).

Le jeu a été annoncé en septembre dernier par le célèbre Famitsu et présenté au public lors du Tokyo Game Show. Pour autant, je n’avais pas vraiment remarqué l’annonce, noyée sous de nombreuses autres, et ce n’est qu’en raison de la diffusion prochaine d’une démo annoncé sur le site dudit Famitsu que j’ai découvert ce projet intéressant. Je fais en effet partie des trop rares joueurs a avoir joué et apprécié Okami et Oboro Muramasa, tous deux sur Wii – en réédition pour le premier originellement sorti sur la PS2 – et j’ai adoré Way of the Samurai 3, malgré ses importantes carences techniques et ludiques… Du coup, la simple idée d’un jeu développé par les mêmes équipes que le dernier et inspiré des deux premiers m’enchante au plus au point!

La démo proposée permettra sans doute de se faire une idée un peu plus précise de Sumioni, qui semble être un beat’em all assez classique, empruntant quelques mécanismes de jeu à l’antique (2005!) Yoshi Touch & Go et doté de graphismes magnifiques. Les fonctions tactiles de la PS Vita semblent être au coeur du gameplay, mais si le jeu perce, ce sera je pense plus en raison de sa puissance graphique que de son système de jeu, très classique au-delà des inévitables fonction-gadgets tactiles au demeurant…

Le jeu risque de se planter en beauté, et même de ne jamais passer nos frontières : l’establishment en place sur les consoles de Sony (MGS, Killzone ou désormais Uncharted) ne laisse pas beaucoup de place pour ce type de création; et quand bien même le jeu atteindrait les étals de Micromania ou Game, il serait probablement délaissé par les joueurs, Acquire n’étant réputé ni pour sa maîtrise technique, ni pour la rigueur de ses systèmes de jeu. Alors pourquoi parler de Sumioni? Probablement car c’est le premier jeu qui me donne envie d’acheter une PS Vita!

Bob Dupneu

Ci-après une traduction de la news parue sur le site Internet de Famitsu et par laquelle j’ai appris l’existence de ce jeu.

L’article original se trouve à cette adresse : http://www.famitsu.com/news/201201/05008006.html

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Une démo jouable de « Sumioni », jeu exploitant sans réserve toutes les fonctionnalités de la PS Vita, sera diffusée le 25 janvier!

Diffusion sur le PS Store

Acquire a annoncé qu’il diffusera une démo jouable de son prochain jeu pour Vita « Sumioni » (attendu pour le 9 février 2012) dès le 25 janvier prochain.

Le jeu propose de manier avec dextérité la « voie du pinceau », les « techniques de précision » et les « invocations » (NdT : pour ce qui est du nom des techniques, je me suis contenté de traductions littérales), tout en profitant de l’intuitive « action tactile Encre de Chine ». Vous pourrez tester ce gameplay particulier dans la démo.

Site officiel mis à jour

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Le site officiel propose de très jolis papiers peints Sumioni, ainsi que les vidéos ci-dessous qui permettent de voir le jeu en mouvement.

Par ailleurs

Yellow Media, c’est fini. La société (détentrice de la quasi-totalité des publications relatives aux jeux vidéos) était en redressement judiciaire depuis juin, et a été placée en liquidation le 16 novembre. J’apprécie à ce titre avoir reçu une proposition pour me réabonner à Jeux Vidéo Magazine à un moment ou la destinée de la publication était plus qu’incertaine. Il n’y a jamais de petits profits…

Une autre société, inconnue au bataillon, semble avoir acquis certains titres. Le site Internet est encore plus que succinct et le mail de contact hébergé chez Yellow Media, alors je ne saurais que trop vous conseiller de patienter avant tout abonnement auprès de la dénommée M.E.R.7! Quoiqu’il en soit, la fin de Yellow Media marque la fin d’une époque particulièrement néfaste pour la presse vidéoludique, et si les magazines survivent au séisme, peut être annonciatrice d’une nouvelle ère. En tout cas, c’est que que nous promet l’équipe de JV Magazine dans son édito de janvier…

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Bob Dupneu

Ludophile issu d'une époque lointaine ou souffler dans sa cartouche était la norme, mais tout aussi intéressé par les derniers jeux AAA que les vieilleries du fond du grenier... Le temps peut passer, les bons jeux le demeurent !

3 Comments

  1. Pas mal ce Sumioni! En tout cas esthétiquement, c’est très particulier, avec ce style assez unique.
    Je n’ai pas tout compris dans le système de jeu, mais ça a l’air de combiner gameplay classique et tactile. Mais comme tu dis, c’est un jeu très japonais! Difficile de savoir si les commerciaux jugeront valable de l’exporter par chez nous, mais c’est pas du tout gagné d’avance. Puisque non seulement les graphismes, mais aussi l’histoire semble basée sur le folklore japonais.

    Pour le second point, je n’avais pas vu que la liquidation de Yellow Media avait été prononcée… C’est pas dit que la majorité des magazines du groupe s’en tirent… A mon avis il va y avoir un sérieux écrémage de la part du repreneur, et je pense que le rayon « jeux vidéo » de nos marchands de journaux vont pas mal se réduire. A ce niveau, seule la rentabilité compte et à moins que les magazines redeviennent indépendants, comme avant la reprise massive d’il y a 10 ans, je crois que plusieurs n’y survivront pas.

  2. Sumioni a un potentiel certain, mais Acquire a le don de rater partiellement des jeux qui s’annoncent exceptionnels… J’attends quand même la chose avec impatience!

    Pour ce qui est de Yellow Media, je pense que la plupart des publications du groupe vont disparaître, mais ce n’est pas vraiment un mal, car elle se ressemblent toutes en ce moment. J’espère que les rédactions essaieront de se prendre en main et de lancer leurs propres magazines, dotées cette fois-ci de personnalités fortes, comme à la grande époque… le monde étant cyclique, il est permis d’espérer 😀

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