L’Oculus quest 2 a sauvé la vr

Une fois n’est pas coutume, je vais me mouiller un peu et affirmer que la VR dans les jeux vidéo, en passe de disparaître après plusieurs années d’espoirs non concrétisés, est sauvée. Et son sauveur n’est autre que l’Oculus Quest 2, qui appartient pourtant au lézard Mark Zuckerberg (ma théorie personnelle c’est que les lézards qui dominent la Terre ont tout intérêt à nous rendre dépendant de la VR, pour pouvoir nous asservir comme dans Matrix !). Et au cas où je me plante complètement (ce qui ne serait pas la première fois, même si d’autres partagent mon avis), je vais même justifier cet avis, ce qui me permettra de paraître moins con si cet article est exhumé dans quelques années, après la disparition complète de la réalité virtuelle dans les jeux vidéo.

Pour comprendre en quoi l’Oculus Quest 2 est une véritable révolution pour la VR, et même pour le jeu vidéo dans son ensemble, il convient d’identifier les causes de l’échec de la VR jusqu’à aujourd’hui. J’en identifie trois majeures : coût trop élevé, utilisation trop compliquée et nécessité d’un ordinateur surpuissant. L’Oculus Quest 2 supprime ces trois écueils d’un seul jet, ce qui est quand même très fort !

Une réalité virtuelle abordable

J’écris abordable, ok ? Pas bon marché. Dans sa configuration la moins chère (64 Go de mémoire, ce qui est suffisant au regard des jeux actuels), l’Oculus Quest 2 coûte 350€ (et 450€ pour la version 256 Go). C’est une somme rondelette, certes, mais à comparer avec les autres casques du marché : 700€ à plus de 1000€ pour le HTC Vive, 600€ pour le HP Reverb ou encore 500€ pour un PSVR « complet » (avec caméra et contrôleurs). Et pour ce prix, l’offre est complète puisque tout le nécessaire est dans la boîte. Avec le Quest 2, j’ai littéralement pu m’amuser « out of the box » puisque le casque est préchargé et les piles des contrôleurs présentes. J’apprécie quand le consommateur est respecté à une époque ou l’entubage plus ou moins profond semble devenir la norme ! Il faut certes pouvoir rassembler cette somme, mais en 2021, mieux vaut acheter un casque de réalité virtuelle à 350€ qu’une console next-gen (ou new-gen, je m’y perds avec tous ces anglicismes) à 500€ et dépourvue de jeux !

Un casque VR facile à utiliser

Jusqu’à maintenant, la technologie balbutiante des casques de réalité virtuelle imposait des contraintes assez dissuasives : espace de jeu défini, installation de capteurs dans la pièce, câbles dans tous les coins… Un bon délire de geek qui vous limitait grandement la mobilité de la solution choisie. Les casques qui essayaient de s’affranchir de ces contraintes matérielles devant faire l’impasse sur certaines fonctionnalités. Un dilemme peu satisfaisant. L’Oculus Quest 2 réussit à s’affranchir de ces contraintes sans sacrifier de fonctionnalité : totalement autonome (un smartphone suffit à le configurer et les jeux et applications peuvent se télécharger depuis le casque), le Quest 2 s’utilise sans câble et n’importe où; il suffit de définir un espace de jeu (le « guardian », ce qui se fait très facilement) et de lancer la partie. Je dois bien avouer avoir été bluffé par le système. Le petit plus ? Cette simplicité d’utilisation et le caractère autonome du casque permettent de faire goûter la réalité virtuelle à tous ses proches; l’application First Steps (Premiers Pas en VF) – préinstallée – constitue une excellente entrée en matière. Dans la famille de Bob, tout le monde a ainsi pu s’amuser sans difficulté, de Bobette (6 ans) a papé Bob (66 ans) !

Réalité virtuelle sans ordinateur surpuissant !

Le dernier écueil freinant l’adoption par le grand public de la réalité virtuelle était la nécessité d’un ordinateur très costaud, acquis a un prix tout aussi costaud. Le PSVR permet déjà depuis quelques années d’éviter cette difficulté en proposant une alternative : le grand public y a été réceptif puisque le casque de Sony était jusqu’à présent le plus vendu au monde, malgré son retard technologique et la nécessité de posséder une PS4 (ou 5). Preuve que le budget demeure un élément crucial pour l’adoption d’une nouvelle technologie. Certes, quelques expériences en réalité virtuelle sont accessibles avec un smartphone et le fameux Google Cardboard, mais il s’agit plus de mises en bouche que de véritable réalité virtuelle. En étant parfaitement autonome, l’Oculus Quest 2 survole également cet écueil, sans pour autant se couper complétement de ce qui existe déjà : grâce à l’application Oculus Link (officielle et gratuite), l’Oculus Quest 2 peut également s’utiliser comme un casque de réalité virtuelle « classique » et bénéficier de tout ce que Steam VR (notamment) offre : le beurre et l’argent du beurre en somme !

L’Oculus Quest 2 : LA solution pour la réalité virtuelle ?

Taux d’utilisation sur Steam VR (origine du tableau)

Je pense qu’il est évident à la lecture de ce qui précède que je suis conquis par ce que propose l’Oculus Quest 2. Je m’intéresse à la réalité virtuelle depuis le renouveau amorcé il y a une dizaine d’année par Oculus (renouveau, car il s’agit d’un vieux fantasme qui est souvent remis sur le métier malgré de nombreux échecs !), mais c’est la première fois que j’ai l’impression que la VR peut sortir de sa niche et occuper une place pérenne dans notre microcosme. Ce casque est celui qui m’aura poussé à franchir le pas et à dépenser mes euros durement gagnés, ce que je ne regrette absolument pas. Et je ne suis pas le seul, car l’Oculus Quest 2 est déjà le casque le plus utilisé sur Steam VR, en à peine six mois. Serait-ce enfin « le grand soir » annoncé tous les ans ? Je l’espère sincèrement car cette technologie a un véritable potentiel ludique ! En enfilant l’Oculus Quest 2 pour la première fois, je me suis pris une énorme baffe, telle que je n’en avais pas connu depuis le jour ou j’ai mis la main sur Super Mario 64 (ce qui constituait pour moi le passage de la 2D à la 3D : tous les vieux ludophiles se rappellent exactement de ce moment, c’est comme le dépucelage !). S’en sont suivies de longues minutes de jeu pendant lesquelles j’arborais un sourire béa. Des moments comme celui-là, il n’y en a finalement pas tant que ça dans une vie de joueur, et rien que pour cela, l’investissement s’est trouvé rentabilisé !

Un casque de réalité virtuelle, à quoi ça sert ?

Déjà à jouer. Car il ne faut pas se voiler la face : le casque de réalité virtuelle est un jouet cher pour grands enfants. Mais au-delà des jeux, les casques VR ont un gros potentiel en matière de vidéos, notamment celles à 360° que l’on trouve sur Youtube (je vous conseille l’excellent utilitaire 4k Video Downloader pour les télécharger) : casque sur la tête, à vous les balades à Shinjuku ou New-York. Certaines vidéos sont même « en 3D » (les puristes vous expliqueront qu’il s’agit plus de vidéo en relief, mais bref !). Si vous avez un casque audio et une porte qui ferme à clef, vous constaterez que certains studios ont investi en masse dans les technologies qui permettent de créer ces vidéos. Avec un peu de chance, les offices de tourisme du monde entier en feront de même; en attendant, il faut compter sur les technophiles enthousiastes !

Pour ce qui est des jeux, deux solutions existent. On a tout d’abord les jeux conçus pour l’Oculus Quest 2, qui s’installent sur le casque et se jouent en complète autonomie. La boutique Oculus en propose beaucoup, ainsi que SideQuest, qui est une plateforme de téléchargement indépendante d’Oculus et de Facebook; il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses. La deuxième solution est d’utiliser l’Oculus Quest 2 comme casque de réalité virtuelle « générique » : le jeu en réalité virtuelle s’installe et se lance sur l’ordinateur, le rendu étant projeté sur le casque. En principe, tout jeu compatible Oculus Rift ou HTC Vive fonctionnera sur le Quest 2 : Steam VR propose une grosse sélection, mais les jeux peuvent se trouver également sur itch.io (parmi d’autres). Les deux solutions ont leurs inconvénients : les jeux autonomes sont limités par la puissance toute relative de l’Oculus Quest 2, tandis que les jeux lancés depuis l’ordinateur imposent de posséder une machine puissante. Mais ces inconvénients sont largement contrebalancés par les avantages respectifs de chacune des solutions.

Boutique SideQuest
Boutique Oculus

Conclusion

Au final, je crois que l’Oculus Quest 2 annonce un avenir radieux pour la VR. La VR ne viendra pas remplacer le jeux vidéo classique avec une manette ou un duo souris/clavier. Mais ce n’est pas là son intérêt : elle dispose désormais d’un hardware qui la rend accessible au grand public, mais les développeurs doivent encore démontrer qu’elle peut servir à créer de nouvelles expériences. Pour l’instant, la VR s’épanouit dans les jeux de tir et les les simulations physiques. Quelques essais semblent concluants en matière de jeux d’horreur ou dans des domaines plus originaux. Mais il y a encore trop de petits jeux, vite développés, vite joués, vite oubliés… Quelques grosses franchises tentent la réalité virtuelle comme Star Wars ou Half-Life, mais la réalité virtuelle n’a pas encore généré de jeu « legendaire ». Les projections optimistes des financiers maintenant que la technologie semble avoir atteint une forme de maturité avec le Quest 2 – et que les utilisateurs ne sont plus « monopolisés » par Sony – devraient pousser de gros studios a se lancer dans l’aventure. A moins que de petits studios spécialisés dans la VR ne fassent rapidement fortune… L’avenir donnera raison à Bob (ou pas !).

Bob Dupneu

P.S. : Ci-dessous une petite vidéo de mes premiers pas en VR…

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